Début 2018, Cendres de David Royer est publié aux éditions d’Utoh. Un roman médiéval-fantasy qui mêle magie noire, zombies, dragons et femmes badass. Le premier tome d’une saga prometteuse.

Léonia est une terre opulente déchirée par une guerre séculaire. Les conflits se poursuivent loin de la foisonnante capitale, Omaranka, tombée sous le joug du Seigneur des Ombres.

Une épopée fantasy à messages

Dès les premières pages de Cendres, David Royer revisite des lieux communs de la littérature fantasy. Les soldats idiots, la voleuse, la scène de la taverne. Ce sont là des personnages et des décors déjà vus et revus à maintes reprises dans la littérature fantasy. Et pourtant, David Royer semble vouloir y ajouter quelque chose de nouveau. En effet, l’auteur revisite à sa manière les schémas classiques de la fantasy. Faisant cela, il aborde des thématiques diverses qui ont une résonance dans nos sociétés contemporaines.

Les religions étaient monnaie courante, dans le monde. Léonia, le continent central, dont la capitale était la plus cosmopolite de la planète se vantait d’accueillir les représentants d’au moins vingt panthéons différents. Monothéistes, polythéistes… Chaque croyant pouvait se permettre de suivre sa foi où bon lui semblait.

L’immigration, les religions, la place de la femme, les dégâts causés par les hommes sur la nature. Autant de thèmes que l’auteur ne se prive pas d’évoquer dans ce roman de fiction. À travers cet univers, il semble porter un message de respect et de tolérance mettant en évidence le fait que, dans son monde, les hommes semblent avoir appris de certaines erreurs du passé. Un monde loin d’être parfait cependant. Attention. Ainsi il n’épargnera pas le lecteur qui aura le droit à sa petite dose de combats, de dialogues crus et d’hémoglobine une fois le moment venu.

Des personnages féminins forts

Nous évoquions précédemment la volonté apparente de l’auteur de faire passer un message fort sur des thèmes variés. Parmi ces thèmes, celui de la place de la femme dans la société semble particulièrement lui tenir à cœur. Il donne en ce sens une place proéminente aux personnages féminins. Laarya, Jezad, Noktya, la Princesse Noire, Shonra. Les personnages féminins ont toute leur place dans le récit de David Royer et elles sont loin d’être secondaires. Au contraire, toutes les ficelles de l’histoire semblent être entre leurs mains.

– Silence ! […] Que tu tentes de te passer les nerfs sur une larronne, passe encore. Mais que tu oses renier mon influence et mon pouvoir en public, tu mériterais juste que je te fasse subir les pires sévices au monde. Maintenant, fous-moi le camp !
Aussitôt, comme si elle avait donné un ordre à un petit chiot terrifié, le soldat relâcha sa poigne et […] s’enfuit à grandes enjambées loin de la Taverne du Bon Repos.

Nécromancienne badass, voleuse qui n’a pas froid aux yeux, l’auteur nous dépeint des femmes fortes qui n’en ont pas moins vécues des choses douloureuses. La violence, le sexisme et le viol sont autant de thématiques que l’auteur aborde et semble critiquer avec véhémence. Des femmes victimes certes mais qui se relèvent. C’est là toute la beauté du message porté par David Royer. Il dénonce les femmes victimes de ces violences sans jamais tomber dans le pathos. Le tout dans un roman fantasy où la gente féminine est sous-représentée : bravo !

Une œuvre manichéenne en apparence

À la lecture du résumé vous vous direz sans doute que le combat du Seigneur des Ombres contre l’armée de la Lumière c’est bien manichéen tout de même. Eh bien nenni ! Bien au contraire, ce roman suis les deux camps à la fois donnant une réelle humanité aux partisans de la Lumière comme aux partisans du Seigneur des Ombres. Des personnages profondément humains qui font du bien dans un genre où le manichéisme est un piège dans lequel on tombe bien facilement.

– Rejoindre votre escouade de vautours ? Non, pas question. Contrairement à vous, je ne m’attaque pas à ceux qui ne peuvent pas se défendre. Et si jamais vous me proposez d’aller rejoindre un quelconque groupe d’armée, qu’ils appartiennent aux Ténèbres ou à ce qui reste de la Lumière, vous pouvez vous enfoncer l’intégralité de votre équipement dans votre cul avant que je n’envisage d’accepter de vous rejoindre.

Les récits et histoires personnelles se mélangent jusqu’à former le vaste récit d’un conflit qui n’a plus de fin. La tâche du lecteur dans cet entremêlement de récits ? Trouver son camp ? Chose bien compliqué lorsqu’il n’y a ni gentils ni méchants, mais seulement des hommes qui ont soif de gloire et de conquête. Un nouveau message de l’auteur peut-être ? Seul défaut à ce genre de roman : réussir à créer des personnages attachants. De notre côté on a beaucoup aimée Jezad. Les autres personnages eux nous ont rendus assez indifférents on ne vous le cache pas…

Un univers à explorer encore

Cendres possède un univers assez riche. L’auteur crée en effet un monde composé de trois continents : Léonia, Gadza et Xan mais pas seulement. Système monétaire, croyances, peuples, David Royer crée tout une société avec le lot d’inconvénients que cela comporte : racisme, guerre, … À la fin du tome 1, on garde la sensation de ne pas avoir complètement visité cet univers.

Les hurlements étranglés de son subordonné envahirent le couloir, et bientôt, ce fut la terreur qui gagne tout le monde. Cette petite victoire des morts-vivants venait d’engendrer une défaite cinglante chez les cœurs battants.

Et l’auteur nous donne raison puisque la fin de son récit ouvre le champs des possibles nous laissant entrevoir un second tome explorant de nouvelles contrées et approfondissant l’histoire de certains personnages peu exploités dans le premier tome. La déception de ne pas en avoir su plus sur ces personnages et le sentiment de vide lié à la méconnaissance de certains pans de l’univers de Cendres est donc bien vite oublié grâce à une fin efficace et intrigante qui nous donne envie de connaître la suite.

Avec Cendres, David Royer signe le premier tome d’une saga qui promet. Il y développe un univers riche qui revisite les lieux communs de la fantasy en mettant en valeur des personnages féminins forts. Surpassant un manichéisme qui aurait été trop facile, il nous donne à voir un univers dont on aimerait au final en savoir plus.


Pour une totale transparence : Alberte a reçu ce livre en Service Presse via le site SimPlement qui met en lien lecteurs/rédacteurs/blogueurs/journalistes et auteurs/maisons d’éditions.
Merci aux Éditions d’Utoh de nous avoir permis de découvrir ce livre.

2 commentaires sur « Cendres, tome 1 : Femmes badass, dragons et nécromancie »

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