En ce jour de Saint-Valentin sort Solar Blast, le nouveau roman publié par le label SNAG Fiction et signé Delphine Laurent. Embarquerez-vous pour le grand nord ?

8h15 GMT + 1: Le monde s’apprête à entrer dans le chaos. Les retombées d’un souffle sans précédent vont se dérouler dans quelques minutes, privant l’hémisphère nord d’électricité, plongeant la planète dans l’angoisse. Les réactions d’affiliation s’enchaînent et se déroulent en urgence. À bord du vol Paris-Los Angeles, les jumeaux Laly et Sam apprennent qu’ils vont débarquer avec l’ensemble de l’équipage dans l’extrême nord du Canada. Une terre de légendes et de légendes partagées par les communautés Inuit et Cris. Une terre de glaces et d’aurores boréales où ils vont affronter la Grande Nuit du solstice d’hiver.

Voilà le synopsis, somme toute très prometteur du dernier livre de Delphine Laurent. Un roman d’anticipation qui devrait combler vos envies d’aventures.

Amis du Pôle nord, bonsoir

Tu es un.e passionné.e du Pôle Nord ? Un.e siphonné.e des paysages enneigés et glacés ? Alors ce roman devrait très probablement te plaire. De sa plume très fluide et accessible, Delphine Laurent t’emmène dans les aventures de Sam et Laly, mais pas seulement. Tu y suivras simultanément le destin de plusieurs groupes vivants eux aussi «La Grande nuit», la coupure d’électricité générale causée par le blast. Pour notre part c’est bien la partie du roman se déroulant dans l’extrême Nord du Canada qui nous a le plus convaincu ! La description des paysages et de cette société utopique du grand Nord nous a clairement fait voyager même si, au départ a priori, ce n’est pas le but d’un roman d’anticipation, on sait !

giphy
Les images qui surgissent dans ta tête à la lecture.

L’utopie tourne court néanmoins et l’autrice décrit très bien les conditions de vie de la petite communauté de Kuujjuarapik, la solitude, le renfermement sur soi lié à l’isolement, l’esprit qui déraille, parfois.

Un rythme effréné, mais …

C’est sur les chapeaux de roues que commence ce roman de quelques 260 pages environ. La coupure générale va avoir lieu, les différentes nations s’organisent. L’autrice met parfaitement en scène les enjeux diplomatiques, les rivalités internationales et les conséquences d’un tel évènement sur nos sociétés.

« Salle de crise de la Maison-Blanche, Washington, 12h16 GMT-5
– Considérant les sommes phénoménales avec lesquelles on perfuse en permanence la NASA, quelqu’un pourrait-il me dire pourquoi ce sont les Européens qui ont détecté les premiers cette éruption solaire? Que faisaient nos équipes ?
– Le Sunspot Solar Observatory de Sacramento Peak est en maintenance depuis presque une semaine, Madame la Présidente. »

Jonglant entre les différents groupes au centre de l’histoire, elle parvient à créer sur les 100 premières pages un rythme parfait, mimant la situation d’urgence dans laquelle se trouve l’ensemble de l’hémisphère nord. Attention donc, si vous vous lancez dans ce roman, prévoyez vous une petite plage horaire de lecture. Vous êtes partis pour au moins 100 pages !

« Elle raccroche le téléphone, encore éberluée. Dans le dernier quart d’heure seulement, elle a parlé avec des présidents, des ministres, et même un dictateur. Chacun lui a signifié sa confiance. »

Malheureusement, la suite s’essouffle un peu en même temps que l’état d’urgence n’est plus, la catastrophe ayant déjà eu lieu. Les personnages resteront aux yeux du lecteur des personnages de papier et pour notre part, leur psychologie n’a pas assez été approfondie par l’auteur, nous empêchant inévitablement de ressentir pour eux un véritable attachement. Ce roman aurait pu, par ailleurs être une sorte de roman-monde, nous narrant les évènements au-delà de leurs effets immédiats dans la partie nord du monde. Nous n’en resterons qu’à l’hémisphère nord. Voilà qui nous laisse tristement sur notre faim !

Humanité et solidarité

Ici on a beaucoup apprécié le message de solidarité que l’autrice a voulu faire passer dans son roman. Elle y décrit non seulement les conditions de vie et les légendes pleines de poésie de la communauté de Kuujjuarapik avec succès, mais met également en évidence leur profonde solidarité envers les naufragés aériens.

« – La légende des origines du monde se nomme La Légende du Premier jour. Elle raconte que la déesse de la terre était mariée au dieu du ciel. Elle attendait de lui un enfant, mais le dieu du ciel, doutant d’être le père, la jeta dans l’océan sans fond. Heureusement, elle parvint à se raccrocher à une île, sur laquelle elle mit au monde des jumeaux qui étaient très dissemblables. […] L’un donna naissance au jour, l’autre à la nuit. Ils régnaient en se faisant face, l’un au Nord, l’autre au Sud. »

Une Humanité qui nous fait nous questionner sur notre propre monde. Si un tel évènement venaient à avoir lieu, de tels mécanismes de solidarité se mettraient-ils réellement en place ? Sommes-nous la encore dans la pure utopie ? Un tel monde est-il possible ?

« Sam ne put s’empêcher de s’étonner de la variété des profils qu’avaient tous ces gens, de leurs talents, de leurs compétences, et de leur envie de se mettre au service du groupe. »

Voilà un message peu réaliste, certes. Mais c’est aussi un joli message d’amour, d’espoir et d’harmonie, en plein chaos. En retournant à une nature plus sauvage, les hommes retrouvent un peu de ce qui les rend membre du grand tout qu’est l’Humanité.

Et vous ? Que feriez-vous face au blast ?

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