Parasite de Bong Joon-ho a remporté la Palme d’or au festival de Cannes récemment. Une Palme d’or qui nous paraît méritée et on vous dit tout de suite pourquoi.

Ça faisait bien longtemps que l’on avait pas parlé cinéma par ici, et pour cause, on y est pas beaucoup allé depuis le début de l’année. Mais à la sortie de Parasite de Bong Joon-ho on n’a pas pu résister et on s’est dit qu’on allait réaliser une chronique de ce film qui nous a rendu tendues, nous a fait rire et nous a même fait pleurer. Mais ne vous y méprenez pas, ce n’est pas un film d’horreur, du tout (même si la bande annonce le laisse imaginer !)

Du rire aux larmes

C’est le tour de force de Bong Joon-ho avec ce nouveau long métrage. La palette des émotions convoquées chez les spectateur est vraiment très large. Durant la première partie de film vous vous prendrez à rire franchement à des situations plus ou moins ridicules et ce jusqu’au point de rupture qui vous fait passer dans le genre du thriller. Et entre-temps ? La réalisation de Bong Joon-ho sert un propos fort sur les inégalités sociales en Corée du Sud et les personnages s’organisent dans ce que l’on pourrait qualifier de véritable lutte des classes jusqu’au bouquet final, remarquable.

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Bong Joon-ho a le talent de jongler entre les genres, de perdre le spectateur dans ses réflexions tant et si bien qu’à la fin du film, on se demande ce qu’on vient de voir. Une œuvre inclassable, pour sûr, mais qui s’inscrit bien dans le cinéma coréen que nous connaissons pour le moment bien peu personnellement. Cette façon d’alterner les genres ne nous semble pas être propre à ce film et à ce réalisateur néanmoins. Nous avons pu constater avec étonnement que dans bien des films coréens le sentiment de nostalgie côtoie l’humour, l’amour, la haine et la frayeur. Du moins c’est notre impression. Cœurs de lapins s’abstenir, vous pourriez frôler la rupture d’anévrisme à force de passer du rire au larme, de la détente au coup de stress. Be ready.

Un casting remarquable

Parasite nous livre un casting 5 étoiles. Des acteurs récurrents dans les films du célèbre réalisateur coréen ont ainsi pu faire preuve, encore une fois, si cela était nécessaire, de leurs grands talents. Déjà remarqué dans Dernier train pour Busan où il joue un rôle secondaire, Choi Woo-shik est ici au centre du scénario. Il déclenche à la fois toute l’histoire dont nous allons être spectateur et y trouve la résolution au problème ultime de ce film. Également présent, l’acteur fétiche de Bong Joon-ho, à savoir Song Kang-ho. Sa réputation n’est plus à faire puisqu’il est un des acteurs les plus en vogue en Corée. Si vous avez en tête le visage d’un acteur coréen, il y a une chance sur deux pour que ce soit le sien. On le retrouvait déjà dans le rôle magistral du détective Park Doo-Man et, comme à son habitude, il crève l’écran.

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À l’instar de ce film aux mille et une facettes, les acteurs, eux aussi, savent nous transmettre les diverses émotions par lesquelles passent leurs personnages. Parasite a également été l’occasion pour nous de découvrir Park So Dam et Jang Hyejin que nous ne connaissions pas du tout. Park So Dam nous a semblé remarquable dans le rôle de la fille manipulatrice qui semblait lui coller à la peau !

Un propos social

La réalisation de ce film est étouffante mais magnifie dans un même temps ces quartiers pauvres. Malgré la misère qui y règne, Bong Joon-ho parvient à en dégager une poésie qui nous marquera pour notre part, durablement.

 

 

 

 

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Au cœur de ce long métrage de Bong Joon-ho, un propos social fort que le réalisateur semble prendre plaisir à nous livrer. Dans une réalisation sublime multipliant les mouvements de caméra descendants et les allers-retours dans le labyrinthe de la ville ou de la maison des Park, le réalisateur nous donne à voir la société coréenne dans tout ce qu’elle a d’inégalitaire. Bong Joon-ho alterne les images de la famille bourgeoise, vivant dans un appartement cossu, à la famille vivant dans un entre-sols dans des quartiers pauvres et met en évidence le fossé qui éloigne ces deux classes sociales.

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Mais qui est le parasite de cette histoire, ce pauvre qui tente, tant bien que mal de se frayer une place au sein d’une société inégale, ou ce bourgeois, ignorant la misère qui entoure son palais surélevé ? C’est bien cette question que l’affiche du film nous mène finalement à nous poser. À terme, c’est ce fossé qui les sépare inévitablement qui mènera à l’irréparable.

Parasite a été un véritable choque à la fois esthétique et émotionnel et a laissé dans nos esprits une impression durable. Avec cet article, on espère vous avoir donné envie d’aller le voir et peut-être même, qui sait, de découvrir un peu plus le cinéma coréen, remarquable en bien des manières.

 

 

8 commentaires sur « Parasite : le Maestro du cinéma coréen Bong Joon-ho fait son grand retour »

  1. Une critique incroyable ! Tu as vraiment souligné tout ce qui fait la beauté et l’intelligence de ce film. Les acteurs, les plans, les émotions, la critique sociale, franchement, c’est un sans-faute pour moi.
    C’est aussi un cinéma que j’aimerais découvrir plus profondément, je n’ai vu que trop peu de films à mon goût : aurais-tu quelques bonnes recommandations ?

    Aimé par 1 personne

  2. Wahou, voilà un commentaire qui me touche beaucoup ! Ca me fait très plaisir de voir que j’ai réussi à vous transmettre mon ressenti !

    Pour les recommandations cinéma coréen, je suis en train de concocter un article à ce sujet (bon, me connaissant je sais pas quand est-ce qu’il sortira mais l’idée c’est de faire une liste de 5 à 10 films pour débuter en ciné coréen) !
    Je vais essayé de publier ça dans l’été 😀

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