Aujourd’hui Tata Alberte te revient avec sa seconde chronique pour le #PLIB2019 et on parle de Rouille de Floriane Soulas.

Parmi les cinq grands sélectionnés du #PLIB2019, on retrouve :

Terre de Brumes, tome  1 de Cindy Van Wilder
Rouille de Floriane Soulas
La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet
Comment le dire à la nuit de Vincent Tassy
Le Dieu-Oiseau d’Aurélie Wellenstein

Et aujourd’hui on te parle de :

Rouille de Floriane Soulas

Avec Rouille, on revient pour te parler steampunk. Et on part sur un one-shot de 400 pages environ. Un petit paveton mignon qu’on avait très hâte de découvrir et que la chronique du Charmant Petit Monstre nous avait encore plus donné envie de découvrir, malgré les petits défauts qu’elle a relevé en lien avec le genre du young adult et avec lesquels, pour notre part, nous sommes plutôt d’accord ! Mais avant d’en arriver là, on aimerait bien te dire clairement ce qu’on a aimé dans Rouille parce que ce paveton avait, à la base, un potentiel dingue !

Paris, 1897. Dans les faubourgs, loin de l’hyper-centre protégé par le dôme sous lequel vivent les puissants, le petit peuple de Paris survit tant bien que mal. Violante est une prostituée sans mémoire, ignorant jusqu’à son âge réel. Dans un monde où son désir de vérité passe après celui de ses clients et de ses patrons, la jeune fille tente de retrouver la trace de ses origines perdues. Alors qu’une vague de meurtres particulièrement horribles ensanglante la capitale, Satine, son amie et seul soutien, disparait dans d’étranges circonstances. Violante, elle, se voit offrir une porte de sortie à ce demi-monde violent qui la retient prisonnière, mais décide malgré tout de prendre part aux investigations.

Tata Alberte à la lecture du synops’

Un roman bien ficelé

Sur les 300 premières pages, on a pas vu le temps passer. Même si sur les 100 dernières pages quelques longueurs commencent à pointer le bout de leur nez, il est indéniable que Rouille, c’est un bouquin qui se lit un peu comme du p’tit lait comme on dit.

Et pour kicker des ass (tu noteras la transition gif de malade), ça en kick dans Rouille ! On a difficilement lâché le livre, lu en quasi-perfusion (sauf les 100 dernières pages, très trèèès longues) durant le week-end orageux de la Pentecôte. L’univers que crée Floriane Soulas est très cohérent, elle maîtrise parfaitement les codes du genre. Au-delà même de maîtriser ces codes, elle les met au service de son histoire. Les éléments donnant à l’ouvrage sa tonalité steampunk sont au cœur de l’histoire qui nous est racontée. Tu peux donc dire au revoir aux livres qui insèrent des éléments steampunks de manière random sans les exploiter suffisamment ! L’écriture de Floriane Soulas est très efficace : à la fois belle, simple et fluide.

Une fin entendue

Quelle déception que cette fin. Nous l’avons trouvée pour notre part très entendue et conventionnelle. Bien souvent, tata Alberte adore un livre jusqu’à en connaître la fin qui, bien souvent la déçoit ! On déplore le fait que les auteur.ices aient du mal à faire autre chose de nos jours que des happy end. L’univers de Rouille, les bas-fonds parisiens, la crasse, la prostitution, les morts d’enfants et de prostituées démembrées. Tout ça devrait vraisemblablement terminer moyennement bien si on en croit notre flair. Le XIXe siècle c’était quand même pas jojo en soi !

Mais malheureusement, l’autrice a préféré miser sur une happy end pleine d’espoir. C’est quelque chose de très subjectif mais les happy end, Tata Alberte elle en a un peu ras la casquette donc ça a fait franchement pencher la balance du côté de la déception. Tommy résume très bien notre sentiment à la fin de Rouille.

D’ailleurs en terme de ras le bol des happy ending, on avait déjà commencé à aborder la question dans notre dernière chronique steampunk à savoir celle de Cendres de Johanna Marines. On retrouve beaucoup de points communs entre ces deux ouvrages mais la chronique d’aujourd’hui est beaucoup plus blasée ce qui témoigne de notre usure à la longue !

De manière générale ce premier constat sur les happy end nous a mené à penser plus large au genre steampunk ce qui a un peu participer à nous pourrir notre lecture, on va pas vous le cacher.

Le steampunk, mode repeat

L’histoire qui nous est contée on en a adoré l’ambiance, certes. Les bas-fonds, la crasse, la prostitution, le XIXe, les récits urbains, les technologies à vapeur et tout le bordel, nous, on adore ça ! Mais finalement on s’est aperçu d’un truc en lisant ce livre, et c’est un constat terriblement blasant :

Le steampunk est un genre qui a profondément du mal à se renouveler

Finalement le scénario de Rouille n’a rien de bien révolutionnaire. Le roman est parfaitement exécuté et nous ne nions en rien le talent de l’autrice mais on déplore le manque d’originalité des livres steampunk qui fait qu’à chaque roman du genre lu, on pense au moins à trois autres romans qui ont des scénarios similaires. Alors que nous, tout ce qu’on demande c’est de se retrouver à de multiples reprises comme ça lors de notre lecture :

Ce qui n’a malheureusement pas été le cas avec Rouille comme avec beaucoup d’autres romans steampunk.

Le choix de faire de la protagoniste une prostituée semble contestable puisque le thème de la prostitution ne nous a pas semblé être exploité de manière assez réaliste et rigoureuse. Certes, la prostitution crasse, on associe bien ça à cette époque (Jack l’Éventreur, toussa toussa) mais là on se retrouve avec une version édulcorée de la prostitution au XIXe siècle. Violante aurait pu être laitière, l’histoire aurait été toute aussi violente : pas de problèmes avec les clients, un mac plutôt sympa, quelques tensions avec les autres filles des Jardins mécaniques mais à part ça, la vie de prostituée ne semble pas si compliquée si on s’en fit à Rouille ce qui nous a beaucoup déçu. Et pourtant le roman commençait fort et laissait présager du très bon avec cet incipit qu’on a trouvé très percutant :

Violante observait son reflet, éclaté dans les dizaines de miroirs qui tapissaient les murs et le plafond de la chambre. Elle aimait cet instant après les passes où, tant que personne ne parlait, il était encore possible d’oublier qu’elle venait d’ouvrir les cuisses pour une heure de plaisir à prix d’or.

Du coup nous on pensait bêtement que ça allait envoyer du pâté sec !!! Mais non. Alors que Rouille était un de nos chouchous du PLIB2019, c’est trop triste…

Malgré un univers cohérent, une ambiance steampunk réussie basée sur des éléments qui servent concrètement l’aventure qui nous est racontée, on a été profondément déçues par la lecture de Rouille de Floriane Soulas qui, malheureusement, ne nous aura pas laissé une empreinte éternelle. On en avait peut-être entendu trop de bien une fois encore, ce qui nous a poussé à le mettre sur un piédestal dont il a chuté amèrement à notre lecture.

Une seconde déception pour cette seconde lecture du #PLIB2019 : On commence à avoir peur d’être des vieilles mégères trop difficiles pour savoir apprécier un roman. Le vote final va peut-être être compliqué !

 


Tu as beaucoup apprécié ce roman et tu souhaites en parler dans les commentaires ? N’hésite surtout pas à le faire ! Les chroniques de Tata Alberte sont évidemment très subjectives et des échanges en commentaires rendant l’article plus mesuré ne peuvent que l’enrichir. TON avis ne peut qu’enrichir des discussions basées sur le respect des opinions d’autrui alors viens, on en parle ↓ 🙂

 

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10 commentaires sur « Rouille de Floriane Soulas #PLIB2019 »

  1. Je suis bien d’accord avec toi au sujet du Steampunk (qui est à la littérature ce qu’est le péplum au cinéma). C’est très dur d’en sortir et généralement on va retrouver les mêmes thèmes, ce qui est un peu dommage. Là où je trouve de l’originalité au genre c’est quand il est mêlé avec d’autres (je pense par exemple à la saga de la Passe-Miroir qui flirte joliment avec le Steampunk en y ajoutant une louche de merveilleux en prime).

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  2. C’est exactement ça, et c’est dommage, il reste pleins de trucs à faire je pense !
    Oui voilà, perso je pensais au Paris des Merveilles, la trilogie de Pevel dans laquelle il mélange un tout petit peu de steampunk avec beaucoup de merveilleux et ça marche plutôt bien !
    Le steampunk, ce genre a réinventer hihi

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  3. J’ai adoré le gif de transition avec Moss XD
    Je rejoins une fois de plus ton/votre avis (je parle à une personne ou plusieurs ??? XD), j’ai bien aimé maiiiiiiiiiiis le côté culcul entre deux chaises (rapport le ton léger mais le contexte très dur) m’a pas affolée de ouf (très redondant ça)
    Kin

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  4. Moss et The It Crowd c’est genre LA BAAAASE !
    Une personne qui est pas toute seule dans sa tête mouuuuuhahaha
    Je crois que tout le monde s’accorde à dire que sa façon de traiter les sujets difficiles (prostitution et autres joyeusetés !) c’est pas jojo ! aha

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  5. ah bah j’ai aussi croisé des gens qui ont trouvé que c’était vachement chouette justement ce côté sombre et difficile abordé avec légèreté (bon comme je suis pas d’accord, j’arrive pas trop à sortir leur argument exact), mais le fait est qu’il y en a qui ont trouvé que c’était une force du roman ^^

    Aimé par 1 personne

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