Aujourd’hui, on revient sur le blog pour vous parler littérature. Une chose qu’on fait trop peu en ce moment et cette fois-ci, c’est du lourd puisqu’on parle du dernier David Vann qui sortira aux éditions Gallmeister ce jeudi 4 mars (quand vous lirez cet article, il devrait déjà être dispo en librairie donc !)

Avant toute chose, nous aimerions donc remercier le #PicaboRiverBookClub avec à sa tête Léa, du blog Léa Touch Book ainsi que les éditions Gallmeister pour cet envoie.

Et maintenant place à la chronique délicate…

Quand on a vu que le Picabo proposait de « remporter » le dernier David Vann en l’échange d’une chronique relatant notre opinion sur l’ouvrage, on était comme des gosses. Oui, on vous l’avait jamais dit, mais David Vann et nous, c’est une grande histoire d’amour. Enfin, remettons les choses dans leur contexte, Komodo était seulement le troisième livre que nous lisions de cet auteur, mais il faut croire que deux livres lus et adorés sont déjà suffisants pour avoir de grandes attentes sur le troisième !

Mais avant d’émettre nos commentaires, passons au synopsis. Voici ce que nous révèle la quatrième de couverture :

Sur l’invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l’île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C’est aussi l’occasion de renouer avec Roy, qui mène une vie chaotique depuis son divorce et s’est éloigné de sa famille. Mais, très vite, la tension monte et Tracy perd pied, submergée par une vague de souvenirs, de rancœurs et de reproches. Dès lors, un duel s’engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entraîne une descente de plus en plus violente à l’intérieur d’elle-même, jusqu’à atteindre un point de non-retour.

Et dans le rôle de David Vann… David Vann

Jusqu’ici, tout allait bien, s’il y a bien une chose qu’on a apprécié dans ce livre, c’est justement de retrouver Vann faisant du Vann. Comme à chacun de ses romans, on est pris dans une famille totalement dysfonctionnelle. Chaque personnage participe à créer une ambiance malaisante et tous paraissent avoir de sérieux problèmes non seulement avec eux-mêmes mais aussi avec le reste de l’espèce humaine. Mais toutes ces réactions et comportements inattendus, incompréhensibles (d’aucuns iront même jusqu’à dire chelous), c’est ce qui fait tout le sel des livres de Vann. Pour résumer schématiquement la construction de ses ouvrages, on part souvent sur un bon mélange :

  • Une famille chelou et ultra dysfonctionnelle + des personnages dont on doute de l’état de santé psychologique + une présence presque apaisante d’éléments naturels en comparaison à ce qui se passe dans la tête des protagonistes.
  • Une tension montante qui finit par retomber.
  • Une seconde phase de tension qui se termine en apogée souvent très dérangeante.

Pour résumer, avec ses livres on attend toujours le moment où tout ça va finir par péter ! Dans ce livre, on a retrouvé les deux premiers points, pour notre plus grand plaisir.

Un livre qui se lit sans encombres

Côté écriture, pas grand chose à signaler de notre côté, on a comme à notre habitude, pris beaucoup de plaisir à parcourir les pages de ce livre, dont la traduction nous a semblé bien retranscrire les relations toxiques que Tracy entretien avec les différents membres de sa famille. Bien plus encore que dans les autres livres de l’auteur que nous avions lus, on a trouvé à Tracy un dédoublement intéressant. Tantôt à l’origine de dialogues pleins de cynisme, elle nous a souvent fait souffler du nez (rire quoi). Son personnage n’en est alors que plus déstabilisant dans les périodes où il agit de manière insensée.

Bon, ne vous leurrez pas non plus, les protagonistes de cette histoire restent des têtes à claques qu’on a du mal à saisir, mais c’est logiquement pour le meilleur. Si si, vous savez « la tension qui finit par atteindre son apogée » dont on vous parlait plus haut !
Avant de vous parler du gros point noir de notre lecture, on vous propose de reprendre notre souffle en évoquant un second élément qui nous a convaincu du talent de David Vann.

Le talent du naturewriter

David Vann est un véritable naturewriter (on prend la liberté d’inventer un nouveau mot, on sait). Avec Komodo, on a adoré tous les passages relatant les séances de plongée auxquelles s’adonnent les protagonistes de cette histoire. Véritable moment d’apaisement pour le lecteur (enfin, pas toujours. Celles et ceux qui ont eu ce livre entre leurs mains savent de quoi je veux parler) les passages se déroulant sous l’eau, aux larges des iles indonésiennes, sont sources d’émerveillement. Comme c’était déjà le cas dans Sukkwan Island et Aquarium du même auteur, les espaces naturels d’une grande beauté viennent se confronter à la noirceur des personnages qui les occupent. Mais là encore, les espaces naturels sont doubles eux aussi, la nature est à la fois belle et source de potentiels dangers pour nos personnages, ce qui participe à l’ambiance tendue du bouquin.

Malheureusement, et malgré ses qualités indéniables, l’ouvrage n’a pas du tout fonctionné avec nous. On a véritablement été déçues par le dernier David Vann et on vous explique pourquoi, de suite.

Un roman qui fait pschitt

Bon, on termine notre chronique sur un point négatif mais, vous l’aurez compris, c’est parce que les points positifs qui sont ressortis de cette lecture ne surpassent en rien notre déception. De fait, arrivées à la moitié du livre, nous attendions encore beaucoup de lui. Attentes qui jamais n’ont été satisfaites !

L’ouvrage pourrait se découper en deux parties et la seconde partie nous a paru tomber comme un cheveu sur la soupe. Essayons de vous en parler sans en dévoiler trop car l’objectif n’est en rien de vous divulgâcher le livre (comme le disent nos cousins québécois) mais bien de vous donner notre ressenti général sur notre lecture.

Pour résumer, deux personnages présents dans la première partie du roman disparaissent de la seconde partie de celui-ci, de manière vraiment abrupte. Certes, les relations entre lesdits personnages se dégradant, cet éloignement fait sens, mais le problème c’est que cette construction de l’ouvrage nous a donné l’impression de ne pas lire une mais deux potentielles histoires. La première partie est une histoire à part entière dont le dénouement nous a paru bâclé. La seconde partie en est une autre et comporte des enjeux tout à fait différents à nos yeux. Le seul lien entre les deux parties de cette histoire reste le personnage de Tracy. Ça aurait pu marcher mais le tout est trop artificiel et abrupte nous laissant un peu sur notre faim de ce côté-ci.

Cette seconde partie, que nous évoquons, correspond à la partie « apogée dérangeante » sur le schéma Vannesque que nous avons réalisé plus haut. Mais, apogée dans ce livre il n’y a point. Enfin, c’est un peu réducteur de dire ça, la tension finit par exploser et autant d’actes violents s’en suivent entre nos personnages. Mais malheureusement la fin du livre, sur un ton de « tout est bien qui fini bien » fait vraiment pschitt. On a pour notre part refermé l’ouvrage en étant déçues, un arrière goût de « tout ça pour ça » et de « meh » dans la bouche.

En conclusion, Komodo n’est pas le meilleur des David Vann selon nous. Il peut peut-être être une porte d’entrée vers son œuvre mais décevra immanquablement ceux qui ont déjà lu les livres qui l’ont fait connaître avant. L’aspect nature writing du livre a su nous convaincre et de belles images nous resterons des séances de plongées de Roy et Tracy mais, malheureusement, cela n’a pas suffi à sauver ce livre à nos yeux ! Un déception qui ne nous empêchera pas de continuer à découvrir son œuvre étant donné que les 2/3 des livres de Vann que nous avons lus nous on conquis. La morale de cet article est la suivante : n’aie plus jamais de trop grandes attentes, satanée Alberte !


Si parmi vous se trouvent des gens qui ont lu ce David Vann et qui ne l’ont pas apprécié, je serais rassurée, je me sentirais moins seule. Si vous n’avez jamais apprécié les livres de David Vann votre avis nous intéresse aussi et enfin, si vous avez aimé ce livre ou les autres livres de cet auteur, on serait également ravies d’échanger avec vous sur le sujet, alors installez vous au chaud dans les commentaires !

9 commentaires sur « Komodo de David Vann »

  1. J’ai survolé la fin de la chronique pour ne pas me spoiler car je n’ai pas lu Komodo ! Je suis une « grande » fan de ce monsieur, bien que je n’ai lu que 4 romans .. il y a ce quelque-chose de noir chez lui qui est intéressant. Il a l’art et la manière de ciseler les âmes glauque. Le prochain que je souhaite lire est « Dernier jour sur terre » (Après avoir craqué sur Aquarium, j’essaie de lire sa bio dans l’ordre ^^), si vous le n’avez pas encore lu, faites moi signe 🙂 Bonne fin de semaine !

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  2. Tu as bien raison, on ne sait jamais! Après je ne crois pas spoiler mais on sait jamais hihi
    Je ne l’ai jamais lu effectivement! J’avais par contre adoré Aquarium 🙂

    Merci d’etre passée par ici et bonne fin de journée !

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  3. Je n’ai jamais lu David Vann, mais c’est très intéressant de le découvrir un peu par ta chronique, même si elle t’a déçue ! J’en suis navrée, c’est toujours dur de tomber sur des ouvrages qu’on n’aime pas d’un auteur adoré. Ca doit être pour ça que j’hésite toujours à lire les autres romans de Markus Zusak, même si j’en ai deux sur mes étagères. Quel roman de Vann conseillerais-tu pour commencer ? Les ouvrages Gallmeister aiment beaucoup miser sur les personnages dysfonctionnels, les ambiances sombres et malaisantes, à la limite de l’étrangeté….et la beauté de la nature. J’ai lu Sauvage de Jamey Bradbury chez eux, Dans la forêt d’Hegland aussi, c’était des lectures puissantes qui ont été des coups de coeur à chaque fois. En plus ils arrivent à combler mes attentes niveau personnages psychologiquement travaillés-pas-toujours-très-nets-mais-fascinants.

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  4. Bon, c’est bien noté. C’est triste quand même, mais personne n’est infaillible… Dommage car l’aspect nature writing au fond de la mer me plaisait bien, mais apparemment je vais plutôt commencer par me tourner vers tous ses autres livres que je n’ai pas encore lus : vu la vitesse à laquelle je lis, ça me laisse de la marge…

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  5. Je n’en ai pas lus tant que ca des Vann mais pour commencer je pense que Sukkwan Island est parfait meme s’il met probablement la barre un peu haute pour les suivants ^^
    Ouais c’est clair que c’est leur gros point fort, ca et leur capacité à t’encrer des images, des scènes dans la tete pour toujours grace à des retournements de situations, des situations de violence ou des personnages dysfonctionnels qui font que tu te souviendras toute ta vie d’au moins un element du bouquin meme si dans la globalité tu l’as pas apprécié hihi

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  6. J’espère que David Vann saura te séduire et te surprendre comme il l’a fait avec moi dans ses titres précédents hihi
    Sacrés québecois, ils nous offrent nos meilleures perles orthographiques ! 🙂

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